Publié le 24 avril 2024 Mis à jour le 22 mai 2024

Cette exposition a été conçue par le programme de recherche "Diversité religieuse et traditions au Burkina Faso : enjeux historiques et actuels (DivTrad_BF)" (2021-2025), en collaboration avec l'Humathèque Condorcet. Elle est produite par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) et le Campus Condorcet.

Date(s)

du 30 mai 2024 au 6 septembre 2024

de 8h à 20h - lun. au ven.
Lieu(x)

Humathèque Condorcet

Forum & Interface 
10 cours des humanités, Aubervilliers
entrée libre
Type(s) d'évènements
Agenda_Bugba, voir plus loin que le temps
Agenda_Bugba, voir plus loin que le temps - © Harouna Marané IMG_8362
Les bυgba "voient clair". Ils voient ce qu’il y a devant nous et ce qu’il y a derrière. De ce fait, nous traduisons le mot bυgba (sg. bυgo) en français par devin. Cependant, "devin" reste une traduction qui ne restitue pas tout le sens du mot bυgba dans la langue mooré. En français, nous comprenons les mots devin et divination comme étant opposés à la rationalité, et exclusivement limité au domaine du spirituel, alors que les bυgba n’évoluent pas dans cette dichotomie. Ils pensent ensemble le visible et l'invisible, le soi et l'autre. Ils possèdent cette capacité de transmettre leurs visions aux personnes qui les sollicitent. Comme la poésie ou la philosophie, les conseils des bυgba peuvent apporter un soutien individuel et une cohésion aux membres de la communauté.

Cette exposition invite à penser la pluralité des perceptions des mondes dans lesquels nous sommes plongés et nous nous côtoyons à travers différentes graphies autour des personnages des bυgba du Burkina Faso. Des photographies réalisées par Harouna Marané, photographe résidant à Ouagadougou, sont mises en perspective avec des scènes dessinées par Valérie Blanchard, peintre vivant à Barcelone. A l’inverse des photographies d’Harouna Marané, qui sont des observations d'événements en temps réel, les œuvres de Valérie Blanchard sont des représentations d'histoires qui lui ont été racontées. Articulées autour des bυgba, les scènes prises en direct par le photographe et les tableaux de la peintre rappellent la complémentarité des œuvres documentaires et de fiction pour comprendre les sociétés contemporaines.

Dans le contexte actuel du Burkina Faso, fortement touché par la crise au Sahel et comptant près de 2 millions de personnes déplacées internes, où l’on parle une soixantaine de langues et qui comprend autant de traditions, les pratiques considérées comme traditionnelles font l’objet d’une attention nouvelle pour faire face aux crises sécuritaires et politiques. Alors qu’elles semblaient sur le point de s’éteindre, faute de transmission possible, les pratiques des bυgba connaissent ainsi un regain d’intérêt. Ils sont censés pouvoir protéger la société d’événements tragiques comme les épidémies, les sécheresses ou les attaques violentes. Ils assurent la paix et la pluie. Et surtout, ils sont considérés comme capables de lier le visible et l’invisible, de "voir plus loin que le temps", le temps des saisons, le temps qui passe, et le temps d’une société en mutation sur laquelle les deux artistes croisent leurs regards.

Dans le cadre de cette exposition, l'Humathèque Condorcet  propose deux spectacles de musique contée à destination du grand public et des établissements scolaires, au Centre des colloques (Auditorium 250) , le jeudi 30 mai à 19 h puis le vendredi 31 mai à 10h.
 

Spectacles de musique contée par KPG 

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